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Jean sans Peur à Dijon : naissance au palais et mémoire de Champmol

Jean sans Peur, né au palais de Dijon le 28 mai 1371, est duc de Bourgogne de 1404 à 1419. Il poursuit les commandes de son père Philippe le Hardi et achève son tombeau. Sa propre mémoire dijonnaise relie Champmol, la Sainte-Chapelle disparue et le tombeau aujourd’hui conservé au palais.

Portrait de Jean sans Peur
Reproduction du portrait de Jean sans Peur : Artiste anonyme des Pays-Bas méridionaux / Wikimedia Commons / domaine public. Image redimensionnée.
Repères biographiques
Vie 28 mai 1371 – 10 septembre 1419
Règne comme duc 1404–1419
Famille Fils de Philippe le Hardi ; père de Philippe le Bon
Liens avec Dijon Naissance au palais, poursuite des commandes de Champmol

Un Dijonnais de naissance, un prince de plusieurs territoires

Jean est le fils de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre. Sa naissance au palais, le 28 mai 1371, donne à Dijon un lien biographique précis avec le deuxième duc Valois de Bourgogne. Cette date est antérieure à son accession : Jean ne devient duc qu’à la mort de son père, le 27 avril 1404. Le palais où il naît n’est pas encore celui que Philippe le Bon transformera plusieurs décennies plus tard.

L’entrée du nouveau duc dans Dijon

Après la mort de Philippe le Hardi, Jean rend hommage à Charles VI le 23 mai 1404 pour le duché. Il entre à Dijon le 17 juin. Il y confirme les privilèges des habitants hérités du règne précédent. Le palais est ainsi lié à une succession politique concrète : le duc prend possession de son héritage tout en maintenant les droits de la ville. Ce lien institutionnel complète sa naissance dijonnaise.

Jean épouse Marguerite de Bavière à Cambrai, le 12 avril 1385. Philippe le Bon, leur fils, naît à Dijon en 1396. Le couple est réuni dans le monument funéraire installé à Champmol en 1470. Les deux gisants rappellent cette alliance familiale ; leur présence au palais permet aujourd’hui de relier les parents au règne de Philippe.

Pourquoi le nom de Jean sans Peur ?

Avant de devenir duc, Jean porte le titre de comte de Nevers. Il conduit le contingent bourguignon de la croisade qui se termine par la défaite de Nicopolis, en 1396. Son surnom est associé à cet épisode et au courage qui lui est attribué au combat. Il est fait prisonnier puis libéré contre rançon. Le nom de sans Peur ne signifie donc pas qu’il a remporté cette bataille : le résultat militaire est une défaite pour les croisés.

À Champmol, terminer la commande de Philippe le Hardi

En 1404, Jean hérite d’un chantier artistique encore ouvert. Le tombeau de Philippe le Hardi, commencé par Jean de Marville puis repris par Claus Sluter, n’est pas achevé. Jean confie sa poursuite à Sluter, puis Claus de Werve mène le monument à son terme en 1410. La date d’achèvement appartient donc au règne du fils, alors que l’initiative et le programme funéraire appartiennent au père. Le mécénat se transmet avec le pouvoir.

Son monument funéraire : un projet de longue durée

Le tombeau de Jean sans Peur et de son épouse Marguerite de Bavière reprend le modèle de celui de Philippe le Hardi. L’ensemble présente deux gisants au-dessus d’un cortège de pleurants. Sa réalisation se poursuit longtemps après la mort de Jean : Philippe le Bon porte la commande pour ses parents. Jean de la Huerta travaille au chantier à partir de 1443, puis Antoine Le Moiturier intervient. Le monument est installé à Champmol en 1470, sous Charles le Téméraire.

Le lieu actuel est la grande salle du palais, au musée des Beaux-Arts, où les deux tombeaux ont été installés en 1827. Ce déplacement compte pour comprendre le tableau des lieux : Champmol est le site de la nécropole d’origine, le palais est le lieu de conservation actuel. Le monument n’est pas resté intact et immobile depuis le XVe siècle. Les démontages, la dispersion d’éléments et les restaurations expliquent la forme de l’ensemble présenté aujourd’hui.

Une rivalité qui dépasse la Bourgogne

Le règne de Jean est marqué par son affrontement avec Louis d’Orléans, frère du roi Charles VI. En 1407, Jean fait assassiner son rival à Paris. Cet acte ouvre une fracture durable entre les partisans des deux maisons. Les Bourguignons soutiennent le duc de Bourgogne ; les Armagnacs se regroupent autour des adversaires de cette faction. Les noms désignent des camps politiques, pas simplement tous les habitants de deux régions françaises.

Montereau, le 10 septembre 1419

Jean sans Peur meurt assassiné le 10 septembre 1419, lors d’une rencontre avec le dauphin Charles sur le pont de Montereau. Des hommes de l’entourage du dauphin le tuent pendant cette tentative de réconciliation. Philippe le Bon lui succède. La rupture explique son rapprochement avec les Anglais et les cérémonies organisées à Dijon pour son père.

La Sainte-Chapelle : une cérémonie, pas un tombeau visible

Le 11 octobre 1420, une cérémonie funèbre se tient à la Sainte-Chapelle de Dijon devant un catafalque vide. Sa veuve et plusieurs de ses filles y assistent. Ce repère est distinct de la mort de 1419 et de la sépulture à Champmol. La chapelle est un lieu de représentation de la famille ducale et de sa mémoire. Elle n’est pas le lieu actuel où l’on peut voir le tombeau de Jean sans Peur.

La Sainte-Chapelle a été détruite en 1802. Son emplacement, près du palais, reste donc un point historique sur la carte, et non une église conservée que l’on pourrait observer comme Notre-Dame. Cette précision donne un sens au parcours : au palais, on relie la naissance du duc et son monument ; à Champmol, on comprend la nécropole ; à l’emplacement de la chapelle, on restitue une cérémonie. Les trois points racontent des fonctions différentes de la même mémoire.

Lieu, relation au duc et vestige actuel
Lieu Commande ou lien historique Ce qui reste et où le voir
Palais des ducs Naissance le 28 mai 1371 ; tombeau conservé aujourd’hui Tour de Bar, logis du XVe siècle ; tombeaux conservés au musée des Beaux-Arts
Chartreuse de Champmol Achèvement du tombeau paternel en 1410 ; nécropole d’origine Portail et Puits de Moïse conservés ; ancienne nécropole des ducs
Sainte-Chapelle de Dijon, emplacement historique Cérémonie funèbre le 11 octobre 1420 Chapelle détruite en 1802 ; son bâtiment médiéval a disparu

La frise du règne et de ses commandes

  1. 1371 : Naissance au palais de Dijon.
  2. 1396 : Expédition et défaite de Nicopolis.
  3. 1404 : Succession de Philippe le Hardi.
  4. 1410 : Achèvement du tombeau paternel.
  5. 1419 : Assassinat à Montereau.
  6. 1420 : Cérémonie funèbre à la Sainte-Chapelle.

Les lieux dijonnais sur la carte

Les points distinguent les bâtiments conservés et l’emplacement de la Sainte-Chapelle disparue. Les lieux où sont exposées les œuvres peuvent différer de leur site d’origine.

Fond de carte : © OpenStreetMap contributors.

Questions sur Jean sans Peur

Pourquoi Jean sans Peur ?

Le surnom est associé à son courage pendant l’expédition de Nicopolis, en 1396. Il conduit le contingent bourguignon avant de devenir duc. La bataille se termine par une défaite et sa captivité, puis une libération contre rançon.

Qui a tué Jean sans Peur ?

Jean est assassiné par des hommes de l’entourage du dauphin Charles, lors de l’entrevue de Montereau, le 10 septembre 1419. Philippe le Bon lui succède. La rencontre destinée à rapprocher les factions aggrave leur rupture.

Qui sont les Armagnacs et les Bourguignons pendant la guerre de Cent Ans ?

Ce sont deux factions rivales du royaume de France. Les Bourguignons soutiennent le duc de Bourgogne ; les Armagnacs rassemblent ses adversaires autour de la maison d’Orléans. Leur guerre civile s’inscrit dans le conflit avec l’Angleterre.

Sources : Jean sans Peur (Wikipédia), Palais des ducs (Wikipédia), Champmol (Wikipédia), Sainte-Chapelle (Wikipédia), Ville de Dijon, palais, Ministère de la Culture, tombeaux ; repères vérifiés le 12 octobre 2026.

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