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Palais des ducs de Dijon : la cour de Flore, la salle des gardes et la vue qu’on ne soupçonne pas

Élise-Lou Vernet-Destours 6 min de lecture
Visiter palais des ducs de Dijon : vue sur la Tour Philippe le Bon depuis la cour

Au cœur de Dijon, le palais des ducs et des États de Bourgogne intrigue souvent avant même d’être visité : s’agit-il d’un château, d’une mairie, d’un musée ? En réalité, c’est un peu tout cela à la fois, et c’est précisément ce qui rend la visite plus riche qu’un simple passage devant une façade classique. Entre les vestiges médiévaux des ducs Valois, l’aile classique dessinée par Mansart et la tour Philippe le Bon qui domine les toits, le site se parcourt à plusieurs vitesses selon le temps dont on dispose. Le parcours patrimonial dijonnais permet de relier à pied le palais des Ducs au Puits de Moïse, deux repères majeurs de l’histoire de la ville.

Ce qu’on visite réellement derrière la façade classique

Le palais des ducs de Dijon n’est pas un monument unique mais un ensemble bâti sur plusieurs siècles. La partie la plus ancienne, le palais ducal proprement dit, remonte à l’époque des grands ducs de Bourgogne du XIVe et XVe siècle : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire y ont régné sur l’un des États les plus puissants d’Europe occidentale. La façade que l’on découvre aujourd’hui depuis la place de la Libération date en revanche du XVIIe siècle, lorsque les États de Bourgogne ont fait reconstruire l’aile dans un style classique inspiré de Versailles.

La cour de Flore et la cour de Bar

Deux cours structurent la visite intérieure. La cour de Bar, la plus ancienne, conserve des éléments architecturaux du XIVe siècle et donne accès à la tour du même nom. La cour de Flore, plus tardive, s’ouvre sur l’escalier monumental menant aux salles d’apparat. Prendre le temps de s’arrêter dans ces cours avant d’entrer dans les salles permet de mieux comprendre la logique du bâtiment : on passe littéralement d’un siècle à l’autre en quelques mètres, ce qui n’est pas toujours perceptible en enchaînant les salles sans transition.

La salle des gardes, point culminant de la visite

À l’intérieur du musée des Beaux-Arts, la salle des gardes mérite qu’on lui consacre du temps. Cette salle gothique abrite les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur , deux chefs-d’œuvre de la sculpture funéraire bourguignonne, ornés de pleurants sculptés dans le marbre avec un réalisme saisissant pour l’époque. C’est sans doute l’endroit du palais où l’histoire des ducs de Bourgogne se ressent le plus physiquement, loin de la simple lecture de panneaux explicatifs.

Monter à la tour Philippe le Bon : ce que la vue apporte vraiment

La tour Philippe le Bon culmine à 46 mètres et se gravit par un escalier de 316 marches . L’ascension demande un minimum de forme physique, mais elle change complètement la lecture de la ville : depuis le sommet, on distingue les toits de tuiles vernissées typiques de la Bourgogne, la cathédrale Saint-Bénigne, et par temps clair les premiers reliefs qui annoncent les côtes viticoles. C’est l’un des rares points de vue de Dijon qui permette de comprendre d’un coup d’œil l’organisation de la vieille ville autour du palais.

Un accès à anticiper

La montée se fait uniquement dans le cadre de visites guidées à horaires fixes, avec un nombre de places limité par groupe. Il est donc préférable de réserver son créneau tôt dans la journée, surtout en période de forte affluence touristique, plutôt que de découvrir sur place que les groupes du jour sont complets. L’escalier étroit et en colimaçon rend également l’ascension peu adaptée aux personnes à mobilité réduite ou sujettes au vertige.

Organiser sa visite selon le temps disponible

Le palais des ducs se prête à des formats de visite très différents selon qu’on dispose d’une heure ou d’une demi-journée. Une visite express du musée des Beaux-Arts et de la salle des gardes peut se boucler en 45 minutes à une heure. En ajoutant l’ascension de la tour et un passage plus attentif dans les collections, il faut plutôt compter deux à trois heures.

Le musée des Beaux-Arts, un contenu à ne pas négliger

Installé dans une partie du palais, le musée des Beaux-Arts de Dijon fait partie des plus anciens musées de France et présente des collections allant de l’art médiéval à l’art contemporain, en passant par la peinture flamande et hollandaise. L’accès aux collections permanentes est gratuit, ce qui permet de combiner la découverte architecturale du palais avec une immersion muséale sans coût supplémentaire, hors ascension de la tour et expositions temporaires qui restent payantes.

On pense rarement à faire le lien, mais visiter un ensemble comme le palais des ducs revient un peu à observer un bâtiment construit brique par brique à travers les siècles, chaque génération de ducs puis d’élus des États de Bourgogne ayant ajouté sa propre strate sans effacer la précédente. Repérer ces jointures entre les époques, une arche gothique qui débouche soudain sur un couloir classique, une tour médiévale accolée à une façade du Grand Siècle, donne une grille de lecture beaucoup plus vivante que la simple chronologie affichée sur les cartels du musée.

Autour du palais : prolonger la visite dans le centre historique

Le palais des ducs se trouve au centre du secteur sauvegardé de Dijon, l’un des plus vastes de France, ce qui permet d’enchaîner naturellement avec d’autres points d’intérêt à pied. La place de la Libération, semi-circulaire et redessinée par Mansart, offre le meilleur point de vue d’ensemble sur la façade classique, en particulier en fin de journée lorsque la pierre prend une teinte dorée.

Le parcours des chouettes comme fil conducteur

Pour ceux qui souhaitent poursuivre la découverte du centre-ville après le palais, le parcours de la chouette, un circuit pédestre balisé au sol par des clous en laiton, relie une vingtaine de monuments emblématiques dont l’église Notre-Dame et sa fameuse chouette sculptée, la cathédrale Saint-Bénigne et les maisons à pans de bois de la rue des Forges. Ce parcours démarre justement à proximité immédiate du palais, ce qui en fait un prolongement logique après la visite plutôt qu’un détour supplémentaire à planifier.

Que l’on vienne pour l’architecture ducale, pour la vue depuis la tour ou pour les collections du musée, le palais des ducs de Dijon fonctionne comme un point de départ naturel pour explorer le reste de la ville : son emplacement central et la diversité de ce qu’il propose en font rarement une étape isolée dans un séjour bourguignon. Cette position permet de prolonger la visite par un parcours réunissant palais, hôtels particuliers et équipements dédiés à la gastronomie, présenté dans le patrimoine architectural dijonnais.

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