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Philippe le Hardi à Dijon : Champmol, tour de Bar et Jacquemart

Philippe le Hardi, né en 1342 et mort en 1404, est duc de Bourgogne de 1363 à 1404. À Dijon, son nom relie la tour de Bar, la fondation de Champmol et le Jacquemart de Notre-Dame. Ses commandes font de la ville un foyer majeur de la sculpture à la fin du Moyen Âge.

Portrait de Philippe le Hardi
Reproduction du portrait de Philippe le Hardi : Artiste anonyme / Wikimedia Commons / domaine public. Image redimensionnée.
Repères biographiques
Vie 17 janvier 1342 – 27 avril 1404
Règne comme duc 1363–1404
Famille Fils de Jean II le Bon ; père de Jean sans Peur
Liens avec Dijon Champmol, tour de Bar, Jacquemart

Un fils de roi devient duc de Bourgogne

Philippe est le fils du roi de France Jean II, dit Jean le Bon. Il gagne son surnom de Hardi lors de la bataille de Poitiers, en 1356, où il reste auprès de son père. Tous deux sont faits prisonniers. Cette jeunesse explique son appartenance à la famille royale, mais le duc que l’on suit à Dijon ne doit pas être confondu avec Philippe III le Hardi, roi de France au XIIIe siècle. Il est Philippe II comme duc de Bourgogne.

Son père lui donne le duché en 1363. Philippe ouvre ainsi la succession des quatre ducs Valois de Bourgogne, après les ducs capétiens. Il n’est donc pas le premier duc de toute l’histoire bourguignonne. Son arrivée dans la ville et son serment à Saint-Bénigne, en novembre 1364, inscrivent son pouvoir dans les institutions locales. L’église abbatiale de cette cérémonie est devenue la cathédrale Saint-Bénigne. Le lien est celui d’un avènement, pas d’une construction commandée par Philippe.

La tour de Bar : une commande que l’on voit encore

Le palais ducal est sa résidence officielle à Dijon. À partir de 1365, il fait construire la tour Neuve, aujourd’hui appelée tour de Bar. Le chantier appartient au premier temps de son règne. Cette tour résidentielle comporte de grandes salles avec des cheminées : elle sert à habiter et à représenter l’autorité du prince. Elle rappelle que le palais médiéval est un lieu de vie et de gouvernement, avant d’être l’ensemble monumental que l’on connaît aujourd’hui.

Le nom de tour de Bar est plus tardif. Il vient de la captivité de René d’Anjou, duc de Bar, sous Philippe le Bon au XVe siècle. Il faut donc séparer trois informations : le commanditaire est Philippe le Hardi, la construction commence en 1365 et le nom actuel renvoie au règne de son petit-fils. Depuis la cour de Bar, cette partie du palais permet de lire une première étape de l’histoire des Valois de Bourgogne.

Champmol : la dynastie se donne une nécropole

À l’ouest de Dijon, Philippe fonde la chartreuse de Champmol comme nécropole familiale. Les travaux commencent dans les années 1380. Le monastère de chartreux associe les prières pour les défunts à un grand programme de sculpture, poursuivi après la mort du duc.

Le portail de la chapelle met le couple ducal en scène. Philippe le Hardi est agenouillé, présenté par saint Jean-Baptiste ; Marguerite de Flandre est présentée par sainte Catherine. La Vierge et l’Enfant occupent le centre. On peut reconnaître ici une commande politique et religieuse : les donateurs ne sont pas seulement nommés dans un document, ils entrent dans l’image sculptée. Le portail conservé rend leur présence visible, même si le monastère a profondément changé depuis le XIVe siècle.

Claus Sluter et le Puits de Moïse

Claus Sluter intervient dans le programme sculpté de Champmol. Le Puits de Moïse est le soubassement d’un ancien calvaire, avec les figures de six prophètes. L’œuvre témoigne du soin apporté aux visages, aux attitudes et aux vêtements. Elle appartient au projet de Philippe le Hardi, mais l’histoire de sa réalisation dépasse celle d’une commande faite et terminée d’un seul geste. Le chantier princier réunit sculpture, architecture et peinture, avec des interventions successives.

Le tombeau : une commande achevée après sa mort

Philippe commande son tombeau à Jean de Marville en 1381. Claus Sluter reprend le travail, puis Claus de Werve l’achève en 1410, sous Jean sans Peur. Jean Malouel intervient pour la peinture et la dorure. Philippe meurt le 27 avril 1404, à Hal, dans l’actuelle Belgique : le monument n’est donc pas terminé de son vivant. Son fils assure la poursuite d’une commande qui doit représenter durablement le fondateur de la lignée.

Le tombeau associe un gisant, une dalle noire et un cortège de petites figures de deuil sous des arcades. Ces pleurants transforment le monument en cérémonie sculptée. Après les déplacements, destructions et restaurations de la période révolutionnaire et du XIXe siècle, l’ensemble rejoint la grande salle du palais en 1827. Le monument que l’on voit aujourd’hui raconte donc à la fois le mécénat du XIVe siècle et l’histoire de sa conservation. Notre article sur le Palais des ducs présente le lieu où il est exposé.

Le Jacquemart : une horloge venue de Courtrai

Le Jacquemart de Notre-Dame donne une autre forme au souvenir du duc. Après la campagne de Flandre de 1382, Philippe fait transporter l’horloge de Courtrai à Dijon. Elle arrive en 1383 et la municipalité la fait placer au-dessus d’une tourelle de Notre-Dame. C’est un butin de guerre devenu un repère urbain. Il ne s’agit pas d’une horloge conçue à Dijon à cette date, ni d’une construction de l’église financée par Philippe.

Un règne qui relie Dijon aux Flandres

Le mariage de Philippe avec Marguerite de Flandre, en 1369, élargit les perspectives de la maison de Bourgogne. À la mort de Louis de Male en 1384, les possessions flamandes prennent une place centrale dans son pouvoir. Les artistes et les commandes circulent entre plusieurs territoires. Dijon est une capitale du duché et un lieu de mémoire, mais la cour ne reste pas fixée en permanence dans son palais. Cette géographie explique aussi les origines de plusieurs maîtres employés à Champmol.

Lieu, relation au duc et vestige actuel
Lieu Commande ou lien historique Ce qui reste et où le voir
Palais des ducs Commande de la tour Neuve à partir de 1365 Tour de Bar, logis du XVe siècle ; tombeaux conservés au musée des Beaux-Arts
Chartreuse de Champmol Fondation de la nécropole et commandes sculptées Portail et Puits de Moïse conservés ; ancienne nécropole des ducs
Cathédrale Saint-Bénigne Serment d’avènement en novembre 1364 Église de l’ancien monastère ; lieu du serment de Philippe le Hardi
Église Notre-Dame Horloge de Courtrai transportée en 1383 Jacquemart arrivé en 1383 ; église gothique conservée

La frise du règne et de ses commandes

  1. 1363 : Duché donné par Jean II le Bon.
  2. 1365 : Début de la tour Neuve, future tour de Bar.
  3. 1381 : Commande du tombeau à Jean de Marville.
  4. 1383 : Arrivée du Jacquemart à Dijon.
  5. 1404 : Mort à Hal ; Jean sans Peur lui succède.

Les lieux dijonnais sur la carte

Les points distinguent les bâtiments conservés et l’emplacement de la Sainte-Chapelle disparue. Les lieux où sont exposées les œuvres peuvent différer de leur site d’origine.

Fond de carte : © OpenStreetMap contributors.

Questions sur Philippe le Hardi

Pourquoi Philippe le Hardi ?

Son surnom vient du courage montré à Poitiers en 1356, auprès de son père Jean II le Bon. Il est ensuite fait prisonnier avec lui. Le duc de Bourgogne est Philippe II ; il est distinct du roi de France Philippe III le Hardi.

Qui est Philippe le Hardi ?

Il est le premier duc de la branche Valois de Bourgogne, au pouvoir de 1363 à 1404. À Dijon, il lance la tour Neuve, aujourd’hui tour de Bar, et la chartreuse de Champmol. Son fils Jean sans Peur fait terminer son tombeau.

Qui est le père de Philippe le Hardi ?

Son père est Jean II le Bon, roi de France. Il lui donne le duché de Bourgogne en 1363. Cette transmission ouvre la succession des quatre ducs Valois suivis dans ce dossier.

Sources : Philippe le Hardi (Wikipédia), Palais des ducs (Wikipédia), Champmol (Wikipédia), Sainte-Chapelle (Wikipédia), Ville de Dijon, palais, Ministère de la Culture, tombeaux ; repères vérifiés le 12 octobre 2026.

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