Hôtel Chambellan à Dijon : cour gothique, galerie de bois et escalier du Jardinier
Repères vérifiés le 13 octobre 2026.
L’hôtel Chambellan se cache derrière les immeubles du 34-36 rue des Forges. Cette demeure de la seconde moitié du XVe siècle associe une aile de pierre, une galerie de bois et une tour d’escalier dans un décor gothique flamboyant. L’hôtel est classé le 13 juin 1913 et sa chapelle le 14 avril 1917.

| Époque | Seconde moitié du XVe siècle |
|---|---|
| Personnage associé | Henri Chambellan, marchand drapier et vicomte-majeur de Dijon de 1490 à 1493 |
| Style | Gothique flamboyant |
| Matériaux documentés | Pierre de taille, escalier de pierre et galerie de bois |
| Architecte | Non communiqué dans les références utilisées |
| Adresse | 34-36 rue des Forges, Dijon |
| Protection de l’hôtel | Classement du 13 juin 1913 |
| Protection de la chapelle | Classement du 14 avril 1917 |
| Façade sur rue | Façade des immeubles d’accès construite au XIXe siècle |
Un hôtel particulier derrière une autre façade
La façade visible rue des Forges appartient aux immeubles qui précèdent la cour. Elle date du XIXe siècle. Le cœur patrimonial de l’hôtel Chambellan se trouve derrière cet alignement : cette différence explique pourquoi une première vue de la rue ne suffit pas à saisir le bâtiment. Le passage joue ici un rôle essentiel dans la lecture de la demeure.
La porte située à droite de l’immeuble 34-36 conduit à un long couloir, puis à la cour intérieure. Pour découvrir le lieu, repérez ce passage et suivez uniquement les accès ouverts et signalés. À l’arrivée dans la cour, la comparaison entre la pierre, le bois et la tour d’escalier donne une vision de l’ensemble que la façade sur rue ne révèle pas.
Cette organisation distingue Chambellan des monuments qui affichent leur architecture directement sur l’espace public. L’hôtel Aubriot et la maison Maillard, voisins rue des Forges, se reconnaissent par leurs façades. Chambellan demande de regarder au-delà du premier plan. Sa cour permet de comprendre comment le centre ancien superpose parfois des bâtiments d’époques différentes sur une même parcelle.
Henri Chambellan et la richesse des drapiers
Henri Chambellan était un riche marchand drapier de Dijon. Vicomte-majeur de la ville de 1490 à 1493, puis conseiller à la chambre des comptes, il a transformé une ancienne demeure en résidence luxueuse. L’hôtel raconte ainsi le parcours d’un personnage lié à la fois au commerce et aux institutions bourguignonnes.
La notice Mérimée situe le bâtiment dans la seconde moitié du XVe siècle. Cette datation donne un cadre plus large que les années pendant lesquelles Chambellan exerce sa fonction municipale. Les dates 1490 à 1493 documentent sa carrière ; elles ne constituent pas à elles seules les bornes d’un chantier. Garder cette distinction permet de comprendre le lieu sans fabriquer une année de construction précise.
La maison Millière, autre résidence d’un marchand drapier, offre une comparaison utile dans la rue de la Chouette. Les deux édifices appartiennent à la fin du Moyen Âge, mais leur présentation diffère. Millière expose ses pans de bois sur la rue ; Chambellan développe une cour et une architecture plus complexe, avec plusieurs éléments réunis autour de l’espace intérieur.
L’aile de pierre et ses fenêtres à meneaux
À droite dans la cour se trouve une aile bâtie en pierre de taille. Les pierres façonnées forment un mur régulier, très différent de la galerie de bois située de l’autre côté de la tour. Commencez par cette opposition de matériaux. Elle donne un repère simple pour orienter le regard et lire les différents éléments de l’hôtel.
Les fenêtres sont munies de meneaux, ces montants qui divisent les ouvertures. Leur décor appartient au gothique flamboyant. Regardez les parties verticales, puis la forme des encadrements et des ornements. L’ouverture n’est pas seulement un rectangle percé dans un mur : sa subdivision et son entourage participent à l’architecture de la façade.
Au niveau du toit, une haute lucarne en pierre forme deux étages et traverse la ligne de gouttière. Une lucarne est une ouverture qui fait saillie dans la toiture. Celle de Chambellan prolonge fortement la façade vers le haut. Pour la comprendre, conservez dans le même regard les fenêtres de l’aile et le départ de la couverture.
La tour d’escalier et la sculpture du Jardinier
Au bout de l’aile de pierre, une tour abrite un escalier à vis ajouré. Un escalier à vis tourne autour d’un axe ; ici, les ouvertures de la tour permettent de lire son volume. La partie supérieure se termine par une terrasse entourée d’un garde-corps. Ces éléments donnent à la tour une silhouette distincte de celle du corps de bâtiment.
L’escalier de pierre est couvert, à son sommet, par des voûtes d’ogives. Les liernes et les tiercerons, nervures secondaires de la voûte, dessinent un réseau plus complexe que les seules grandes ogives. Le vocabulaire technique décrit ici une chose concrète : plusieurs lignes de pierre se croisent et se distribuent dans la couverture de l’escalier.
Les nervures semblent partir de la hotte portée par un personnage sculpté. À Dijon, cette figure est appelée le Jardinier. Le détail relie l’ornement à la structure de la voûte : on regarde à la fois un personnage et un point d’où se déploient les nervures. Cet élément appartient à l’intérieur de l’escalier ; une visite de la cour ne donne pas nécessairement accès à toute la tour.
La galerie de bois et le gothique flamboyant
À gauche de la tour s’étend une galerie de bois à deux niveaux, elle aussi de style gothique flamboyant. Sa superposition d’étages contraste avec le volume plus compact de l’aile de pierre. Regardez les deux parties depuis un point où elles restent visibles ensemble. La cour devient alors un espace de comparaison entre deux façons de construire.
La galerie, la tour et les ouvertures de l’aile composent un ensemble. Les isoler dans des photographies peut faire perdre leur relation. Une vue d’ensemble permet d’abord de repérer la galerie et la lucarne ; un détail montre ensuite une fenêtre ou un élément sculpté. Ce passage du général au particulier donne une lecture plus claire du décor.
Le gothique flamboyant se distingue notamment par la richesse et la complexité de ses formes décoratives. À Chambellan, il faut le regarder dans les fenêtres, la galerie et les voûtes de l’escalier. Ce n’est pas une simple étiquette appliquée à toute la rue : les hôtels voisins appartiennent à d’autres étapes de l’histoire architecturale dijonnaise.
Deux classements et une place dans la rue des Forges
L’hôtel est classé monument historique le 13 juin 1913. La chapelle bénéficie d’un second classement le 14 avril 1917. Les deux arrêtés portent sur des objets distincts et complètent la protection du lieu. Ces dates ne correspondent ni à la construction du XVe siècle ni à la façade sur rue du XIXe siècle.
Pour poursuivre la promenade, le numéro 38 mène à la maison Maillard, également appelée Milsand ou maison des Ambassadeurs. Au numéro 40, l’hôtel Aubriot offre une autre lecture de l’architecture ancienne, avec une façade restituée au début du XXe siècle. Plus loin, les numéros 52, 54 et 56 appartiennent à l’ancien ensemble Morel-Sauvegrain.
La rue des Forges ne se résume donc pas à un décor homogène. Elle rassemble des demeures dont les accès, les matériaux et les époques varient. Chambellan est le bon repère pour apprendre à regarder une cour derrière la rue. Le rapprochement avec ses voisins permet ensuite de distinguer l’habitat gothique, les transformations Renaissance et les interventions plus récentes.
Questions sur hôtel Chambellan
Pourquoi hôtel particulier ?
L’hôtel Chambellan est une résidence urbaine organisée autour d’une cour, avec une aile de pierre, une galerie de bois et un escalier. Le mot hôtel désigne ici une demeure, liée au marchand et magistrat Henri Chambellan.
Que voir à Dijon dans ce quartier ?
Rue des Forges, l’hôtel Chambellan se distingue par sa cour gothique flamboyante, sa galerie de bois et sa tour d’escalier. La maison Maillard au 38 et l’hôtel Aubriot au 40 complètent la découverte du bâti ancien.
Comment visiter Dijon ?
Repérez le 34-36 rue des Forges et la porte placée à droite. Le passage conduit à la cour de l’hôtel Chambellan. Suivez les accès ouverts lors de votre passage, puis comparez les façades des hôtels voisins.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
À proximité : trois autres repères
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- Église Notre-Dame de Dijon : 70 m à vol d’oiseau.
- Rue Verrerie et ses maisons à pans de bois : 200 m à vol d’oiseau.
- Église Saint-Michel de Dijon : 370 m à vol d’oiseau.
Sources : Wikipédia ; Notice Mérimée. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.