Église Notre-Dame de Dijon : façade gothique, chouette et Jacquemart
Repères vérifiés le 12 octobre 2026.
L’église Notre-Dame de Dijon a été construite vers 1220-1250, place Notre-Dame, près du palais des ducs. Sa façade à galeries, sa chouette sculptée et le Jacquemart installé en 1383 réunissent plusieurs siècles d’histoire dijonnaise. L’église est classée monument historique depuis la liste de 1840.

| Époque | Église gothique du XIIIe siècle ; annexes du XIXe siècle |
|---|---|
| Construction | Vers 1220-1250 pour l’église actuelle |
| Protection de l’église | Classée monument historique par la liste de 1840 |
| Protection des annexes | Inscription du 5 juillet 2002 pour les parties précisées par la notice ; classement du 4 mars 2013 de décors et vitraux de la chapelle de l’Assomption |
| Architectes | Architecte médiéval inconnu ; Pierre-Paul Petit pour la sacristie de 1845 ; Édouard Mairet pour la chapelle de l’Assomption |
| Adresse | Place Notre-Dame ; chouette visible rue de la Chouette |
| Matériaux | Non communiqués dans les notices utilisées |
| Parties protégées des annexes | Inscription de 2002 : chapelle de l’Assomption hors parties classées, sacristie et couloirs, grille, mur rue du Rabot et sols. Classement de 2013 : maître-autel, lambris de marbre, groupe de l’Assomption et anges, deux bas-reliefs de Jean Dubois, cinq vitraux et leurs supports précisés dans la notice. |
Une église gothique dans la ville médiévale
Notre-Dame occupe un emplacement religieux plus ancien que le bâtiment actuel. Une chapelle Sainte-Marie précédait l’église romane reconstruite vers 1150. Le chantier gothique commence dans les années 1220 et se poursuit jusque vers 1250. Ces dates situent la construction de l’église ; le classement de 1840 correspond, bien plus tard, à sa protection patrimoniale.
Le nom de l’architecte médiéval est inconnu. Le chantier devait composer avec un quartier déjà bâti et une place limitée. Cette contrainte aide à comprendre la concentration de l’édifice : une façade étroite, un porche profond, puis un espace intérieur dont les niveaux superposés attirent le regard vers les voûtes. Pour lire Notre-Dame, regardez ensemble sa disposition et son décor.
Lire la façade depuis la place Notre-Dame
La façade occidentale se présente comme un écran de pierre. Elle masque les volumes de l’église placés derrière elle. En bas, trois grandes arcades ouvrent sur le porche. Au-dessus, deux galeries d’arcatures se superposent : leurs petites colonnes et leurs arcs répétés donnent à la façade son rythme très particulier.
Trois bandeaux de sculptures traversent cet ensemble. Les tourelles d’escalier aux angles et les contreforts encadrent la composition. Deux tours carrées avaient été prévues au-dessus de la façade, mais seules leurs amorces existent. Le campanile du Jacquemart repose sur celle de la tour sud. Ce détail explique pourquoi l’horloge se trouve sur un côté plutôt qu’au centre.
Des gargouilles qui ne conduisent pas l’eau
Les figures saillantes de la façade sont des sculptures décoratives. Elles ne servent pas à évacuer la pluie, contrairement aux véritables gargouilles des murs latéraux et de l’abside. Regardez leurs silhouettes : on y distingue des êtres humains, des animaux et des monstres. Le décor change d’une figure à l’autre, tandis que les galeries gardent une ordonnance régulière.
Les sculptures actuelles ont été réalisées entre 1880 et 1882 pendant la restauration de l’église. Elles ne sont donc pas toutes des survivantes du XIIIe siècle. Plusieurs sculpteurs ont participé à ce chantier. La façade associe ainsi une composition médiévale et des œuvres du XIXe siècle ; cette différence de date est utile pour comprendre ce que l’on observe aujourd’hui.
Le Jacquemart, un souvenir de Courtrai
Le Jacquemart vient d’une campagne militaire de Philippe le Hardi. En 1382, après la prise et le pillage de Courtrai, le duc de Bourgogne fait démonter une horloge munie d’un automate et l’offre à Dijon. L’installation au-dessus de Notre-Dame suit en 1383. La grosse cloche, brisée pendant le transport, est refondue à Dijon.
L’ensemble visible compte quatre personnages métalliques. Jacquemart et Jacqueline frappent les heures sur la grosse cloche. Jacquelinet et Jacquelinette frappent les quarts d’heure sur de plus petites cloches. Cette famille s’est constituée progressivement : Jacqueline est ajoutée en 1651, Jacquelinet au début du XVIIIe siècle, puis Jacquelinette en 1884. Les quatre automates ne datent donc pas du don du duc.
La chouette, sur le côté nord de l’église
La chouette se trouve rue de la Chouette, sur une pierre du contrefort d’une chapelle, du côté nord de Notre-Dame. Pour la repérer, quittez la façade principale et longez l’église. Sa forme arrondie et très usée contraste avec les sculptures détaillées de la façade. Les caresses répétées ont effacé une grande partie de ses traits.
La tradition consiste à la toucher de la main gauche en formulant un vœu. Elle explique sa place dans la mémoire populaire dijonnaise, mais le sens initial de la sculpture reste inconnu. La chouette est portée par une chapelle de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Elle est donc postérieure à l’église gothique et ne peut être la signature de son architecte.
Après les coups de marteau subis en janvier 2001, la sculpture a été réparée à partir d’un moulage réalisé en 1988. La réparation a conservé le bloc existant en complétant les parties brisées. Cet épisode appartient aussi à son histoire : l’oiseau est devenu un objet patrimonial auquel les Dijonnais sont attachés.
À l’intérieur, suivre les niveaux du gothique
Le plan de Notre-Dame est celui d’une croix latine. Le porche précède la nef, bordée de collatéraux, puis viennent le transept et le chœur. Dans la nef, de grandes arcades reposent sur des piles cylindriques. Au-dessus, une galerie appelée triforium sépare les arcades des fenêtres hautes. Cette lecture par étages permet de suivre l’organisation de l’édifice.
À la croisée du transept s’élève la tour lanterne, éclairée par de grandes fenêtres. Les bras du transept associent des fenêtres étroites, les lancettes, et une rose. Dans le bras nord, cinq vitraux réalisés vers 1235 subsistent : deux évoquent saint Pierre et trois saint André. Les autres verrières comprennent notamment le travail d’Édouard Didron au XIXe siècle.
Notre-Dame de Bon-Espoir et les transformations du XIXe siècle
La statue en bois de Notre-Dame de Bon-Espoir se trouve dans l’absidiole sud. Elle date du XIe ou du XIIe siècle et précède donc l’église actuelle. Souvent appelée Vierge noire dans le passé, elle a retrouvé sa polychromie ancienne après le retrait des couches sombres. Le nom de Bon-Espoir appartient à l’histoire de la dévotion locale.
L’église a été restaurée de 1865 à 1884. La chapelle de l’Assomption est construite entre 1877 et 1882 par Édouard Mairet pour maintenir le culte pendant les travaux et fournir une annexe. Elle conserve des œuvres de Jean Dubois provenant du chœur de Notre-Dame. La sacristie néogothique de 1845 est due à Pierre-Paul Petit. Ces architectes interviennent sur les annexes du XIXe siècle.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
Questions sur Église Notre-Dame de Dijon
Où se trouve la chouette à Dijon ?
La chouette est sculptée sur le contrefort d’une chapelle de Notre-Dame, rue de la Chouette, du côté nord de l’église. Elle se repère en longeant le bâtiment depuis la place Notre-Dame.
Comment toucher la chouette de Dijon ?
La coutume est de la caresser de la main gauche en faisant un vœu. Ce geste appartient à une tradition populaire ; les contacts répétés ont fortement usé la petite sculpture de pierre.
Pourquoi la chouette est le symbole de Dijon ?
La sculpture de Notre-Dame est un porte-bonheur populaire associé à la ville. L’office de tourisme l’a choisie en 2001 comme symbole du Parcours de la Chouette. Sa signification d’origine reste inconnue.
Comment reconnaître une église gothique ?
À Notre-Dame, observez les grandes arcades, les fenêtres hautes, le triforium et les voûtes. La nef organise ces éléments en niveaux superposés. Les lancettes et les roses du transept complètent cette lecture de l’architecture gothique du XIIIe siècle.
Poursuivre la découverte
Comparer les monuments de Dijon et consulter la carte du patrimoine
Sources : Mérimée ; Wikipédia, Église Notre-Dame de Dijon ; Wikipédia, Philippe II de Bourgogne, consultées le 12 octobre 2026. Textes de référence Wikipédia sous CC BY-SA 4.0 ; notices Mérimée sous Licence Ouverte 2.0. Méthode de l’inventaire.
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Voir aussi : les ducs de Bourgogne
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