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Hôtel de Vogüé à Dijon : cour Renaissance, tuiles vernissées et histoire des Bouhier

Repères vérifiés le 13 octobre 2026.

L’hôtel de Vogüé se trouve au 8 rue de la Chouette, derrière Notre-Dame. Cette demeure du XVIIe siècle associe une cour encadrée d’ailes, un portique à l’italienne et un toit de tuiles vernissées. Édifié pour la famille Bouhier, l’ensemble a pris le nom de Vogüé après un mariage en 1766 ; il est classé monument historique depuis le 5 janvier 1911.

hôtel de Vogüé
hôtel de Vogüé. Photo : Christophe.Finot, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5. Image redimensionnée.
Les repères patrimoniaux
Époque XVIe siècle et première moitié du XVIIe siècle dans la notice Mérimée
Repères de formation Maisons acquises en 1589, 1615 et 1617 ; cheminée datée 1614
Commanditaires Jean Bouhier puis Étienne Bouhier de Chevigny
Architecte Attribution à Étienne Bouhier proposée par la tradition familiale, sans preuve définitive
Matériaux et couverture Toiture en tuiles vernissées de Bourgogne
Adresse actuelle 8 rue de la Chouette, Dijon ; rue Babeuf dans la notice ancienne
Protection Hôtel classé le 5 janvier 1911
Nom actuel Famille de Vogüé à partir du mariage du 29 novembre 1766

Une demeure parlementaire derrière Notre-Dame

La rue de la Chouette rassemble deux bâtiments dont les silhouettes racontent des histoires différentes : la maison Millière et l’hôtel de Vogüé. La première montre l’habitat marchand de la fin du Moyen Âge. Le second exprime l’ambition d’une famille liée au Parlement de Bourgogne. Regardez-les ensemble avant de détailler chaque façade. La proximité permet une comparaison directe entre une maison à pans de bois et une résidence organisée autour d’une cour.

Le mot hôtel désigne ici un hôtel particulier, une grande demeure urbaine. Le bâtiment n’a pas été conçu comme un hébergement de voyageurs. Son organisation articule l’entrée, la cour, le corps principal et un jardin à l’arrière. Ce parcours hiérarchise les espaces : la façade sur rue annonce la propriété, tandis que la cour donne une vue plus complète de la résidence.

Le nom Vogüé est plus récent que le premier chantier. Pour comprendre l’édifice, commencez donc par la famille Bouhier. Jean Bouhier était conseiller au Parlement ; son fils Étienne exerça lui aussi comme magistrat et conseiller au Parlement de Bourgogne. L’hôtel appartient à cette histoire dijonnaise des demeures parlementaires, où la fonction du propriétaire éclaire la richesse du décor.

Trois maisons et plusieurs étapes de construction

L’ensemble se forme à partir de trois maisons acquises successivement : une première en 1589 par Jean Bouhier, puis deux autres en 1615 et 1617 par Étienne Bouhier de Chevigny. L’hôtel ne résulte donc pas d’un unique achat suivi d’un chantier entièrement neuf. Ces acquisitions expliquent pourquoi il faut lire l’édifice comme une composition progressive.

La grande cheminée de la salle des gardes porte l’année 1614. Ce repère désigne le noyau initial de l’aile avant droite ; il ne donne pas la date d’achèvement de tout l’hôtel. Les années 1607 et 1635 présentes dans la notice patrimoniale ne suffisent pas davantage à établir un chantier continu entre ces deux dates. Pour situer l’ensemble, retenez surtout la première moitié du XVIIe siècle.

Étienne Bouhier aimait les arts et possédait des ouvrages italiens d’architecture et de géométrie. Une tradition familiale lui attribue le dessin de sa demeure. Cette attribution reste une hypothèse historique : son intérêt pour l’architecture est documenté, mais le nom d’un architecte chargé de l’ensemble n’est pas établi. Le décor peut s’observer et se décrire sans transformer cette tradition en certitude.

Ce que montre le portique à l’italienne

Le portique placé du côté de l’entrée est un élément majeur de la cour. Ses arcades établissent une séparation visible entre le passage d’accès et l’espace de la résidence. Regardez le rythme des ouvertures, puis la décoration qui les surmonte. Dans les écoinçons, ces surfaces situées autour des arcs, des figures de Renommées à demi couchées occupent le décor.

Les colonnes portent des entrelacements de lierre. Sur leurs socles, le monogramme E.B.M.G. rappelle Étienne Bouhier et Madeleine Giroud, mariés le 25 avril 1615. Ce détail relie la décoration à l’histoire familiale. La cour n’est pas seulement un cadre architectural : elle porte aussi des signes qui nomment les propriétaires et célèbrent leur alliance.

Un portail situé à gauche a été percé en 1717 pour permettre aux carrosses de gagner le jardin, où des écuries avaient été construites. Cette modification montre l’adaptation de l’hôtel après sa formation. Regardez les passages en distinguant leur fonction : l’entrée représentative, le portique et l’accès des voitures ne répondent pas au même usage.

Façades, frontons et couverture bourguignonne

Le corps principal fait face au portique. Deux ailes en retour encadrent la cour et forment des pavillons. Cette disposition offre plusieurs façades à comparer depuis un même espace. Commencez par leur organisation générale : emplacement des fenêtres, articulation des ailes et relation avec la toiture. Approchez ensuite les motifs pour éviter de perdre la composition sous l’abondance des détails.

Les fenêtres et les façades présentent des frontons cintrés et triangulaires, des mascarons et des guirlandes. Un fronton cintré suit une courbe ; un fronton triangulaire forme un triangle. Un mascaron est un visage sculpté employé comme ornement. Ces trois repères donnent une première lecture accessible du vocabulaire hérité de la Renaissance.

La couverture assemble des tuiles vernissées en motifs colorés. Elle rappelle une tradition bourguignonne, tout en participant à la silhouette propre de l’hôtel. Pour la photographier, cherchez un cadrage qui conserve aussi une partie des façades : le toit prend son sens dans la composition de la demeure. Côté jardin, le décor est plus sobre et deux tourelles carrées animent la façade.

Du nom Bouhier au nom Vogüé

Le 29 novembre 1766, Catherine Bouhier de Versalieu épouse le comte Cerice-François Melchior de Vogüé. Ce mariage fait passer l’hôtel dans la famille de Vogüé et explique son nom actuel. L’appellation ne désigne donc ni le premier commanditaire ni une nouvelle date de construction. Elle garde la mémoire d’une transmission familiale.

Le classement du 5 janvier 1911 concerne l’hôtel de Vogüé situé au chevet de Notre-Dame. Cette date appartient à l’histoire de la protection du patrimoine, plusieurs siècles après l’édification. Dans le tableau des repères, séparez bien les acquisitions, les modifications du bâtiment, la transmission du nom et la protection. Ces événements permettent de suivre l’histoire sans tout réduire à une seule année.

Observer l’hôtel dans son voisinage

Depuis la rue de la Chouette, repérez d’abord l’entrée du numéro 8, puis les toitures. Pour la cour et les espaces intérieurs, suivez les accès effectivement ouverts lors de votre passage et respectez les seuils signalés. Les éléments de la salle des gardes, notamment sa cheminée, appartiennent à l’histoire du bâtiment ; une promenade extérieure se concentre sur les façades et la couverture.

La maison Millière voisine offre le meilleur prolongement immédiat. Notre-Dame permet ensuite de comparer une architecture religieuse à ces demeures urbaines. La rue Verrerie complète l’observation des pans de bois, tandis que la rue des Forges mène vers d’autres hôtels particuliers. Ce petit ensemble montre comment différentes fonctions ont produit, dans le même centre historique, des formes de construction très différentes.

Questions sur hôtel de Vogüé

Pourquoi hôtel particulier ?

Un hôtel particulier est une résidence urbaine de grande dimension, construite pour une famille. À Vogüé, la cour, le corps principal et le jardin organisent cette demeure. Le mot hôtel renvoie à cette forme d’habitat.

Comment reconnaître le style Renaissance ?

À l’hôtel de Vogüé, regardez le portique à l’italienne, les frontons cintrés ou triangulaires, les guirlandes et les mascarons. L’édifice du XVIIe siècle conserve ce vocabulaire décoratif hérité du XVIe siècle.

Que voir à Dijon dans ce quartier ?

Dans le secteur de la rue de la Chouette, associez l’hôtel de Vogüé, la maison Millière et Notre-Dame. Leurs fonctions et leurs matériaux permettent de comparer une demeure parlementaire, une maison marchande et une église.

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Sources : Wikipédia ; Notice Mérimée. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.

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