Maison Millière à Dijon : maison à colombages de 1483, sculptures et décor de cinéma
Repères vérifiés le 13 octobre 2026.
La maison Millière se trouve au 10 rue de la Chouette, près du chevet de Notre-Dame. Guillaume Millière, marchand drapier, et Guillemette Durand la font bâtir en 1483. Ses colombages et ses ornements sculptés en font un repère de l’habitat marchand dijonnais ; elle est classée monument historique depuis le 9 juillet 1943.

| Construction | 1483 |
|---|---|
| Commanditaires | Guillaume Millière, marchand drapier, et Guillemette Durand |
| Époque et style | Fin du XVe siècle ; maison à colombages de style gothique |
| Matériaux documentés | Pans de bois, briques vernissées et éléments sculptés |
| Architecte | Non communiqué dans les références utilisées |
| Adresse | 10 rue de la Chouette, Dijon ; anciennement rue Babeuf |
| Protection | Maison classée le 9 juillet 1943 |
| Cinéma | Tournage de scènes de Cyrano de Bergerac en 1989 |
| Restauration | Travaux réalisés en 1998 |
Une maison de marchands à la fin du XVe siècle
La maison porte le nom de Guillaume Millière, un marchand drapier. Avec son épouse Guillemette Durand, il fait édifier la demeure en 1483. Ce métier rattache le bâtiment à l’activité commerciale de la ville. L’histoire de Dijon se lit donc ici à l’échelle d’un foyer et d’une maison, avec une façade ouverte sur une rue du centre ancien.
La date situe la construction à la fin du Moyen Âge. Elle précède de plus d’un siècle la formation de l’hôtel de Vogüé, bâti à côté. Cette comparaison est particulièrement claire sur place : les deux bâtiments partagent un voisinage immédiat, mais montrent des choix différents. La façade de Millière offre des pans de bois et un décor gothique ; Vogüé développe une résidence autour d’une cour.
L’adresse à retenir aujourd’hui est le 10 rue de la Chouette. La notice patrimoniale emploie aussi l’ancien nom de rue Babeuf. Cette différence de nom ne désigne pas une seconde maison. En revanche, l’hôtel Millière situé rue Bossuet est bien un autre édifice. Pour préparer une promenade ou retrouver la bonne notice, gardez ensemble le nom Maison Millière et la rue de la Chouette.
Lire les colombages sans manquer les détails
Un colombage est une construction dont le mur comporte une ossature de bois. À la maison Millière, plusieurs pièces dessinent des croix de Saint-André : deux éléments obliques se croisent en forme de X. Regardez ce réseau avant les fenêtres. Il donne à la façade sa structure visible et permet de comprendre pourquoi cette demeure se distingue des grandes maisons de pierre.
Les espaces entre les pièces de bois comportent des briques vernissées. Le bois et ces surfaces de remplissage se lisent ensemble. Le contraste fait ressortir les montants et les diagonales. Un cadrage photographique centré sur un étage permet de conserver cette relation, alors qu’une vue trop rapprochée d’une seule poutre perd l’organisation du mur.
La façade présente aussi une poutre d’encorbellement. L’encorbellement désigne l’avancée d’un niveau au-dessus de celui qui le porte. Pour le repérer, observez le bâtiment de côté et suivez la transition entre les étages. Ce relief se comprend mieux ainsi qu’en regardant seulement la façade de face. Les rues anciennes de Dijon offrent d’autres exemples avec lesquels comparer cette disposition.
Arcades et fenêtres : un décor à regarder de près
Les arcades du rez-de-chaussée adoptent une forme en anse de panier, un arc plus aplati qu’un demi-cercle. Leur courbe diffère des arcs pointus que l’on associe souvent au gothique. Regardez l’écartement des ouvertures et leur relation avec les étages. L’intérêt de cette maison vient autant de ces formes simples que des détails sculptés.
Les fenêtres de l’étage sont étroites et s’accompagnent d’ornements végétaux, dont des choux frisés et des pampres. Le pampre désigne une branche de vigne avec ses feuilles. Des masques complètent ce décor. Le vocabulaire devient plus facile à lire si l’on cherche successivement la feuille, la vigne et le visage, plutôt qu’un seul motif dominant.
Le rez-de-chaussée et l’étage forment deux registres de façade. En bas, l’arcade organise le passage et l’ouverture. Plus haut, les fenêtres et les sculptures attirent le regard. Pour observer l’ensemble, reculez d’abord assez pour conserver les deux niveaux, puis rapprochez-vous des détails. Cette lecture donne une place au décor sans oublier qu’il appartient à une maison construite pour être habitée.
Les animaux et les initiales des fondateurs
La poutre d’encorbellement porte un animal couché à gauche et un lion à droite. Sous la patte du lion, un écusson présente deux G gothiques reliés. Ces initiales renvoient aux fondateurs, Guillaume et Guillemette. Le détail rapproche le décor de façade de l’histoire du couple qui a commandé la demeure.
Cherchez l’écusson dans son contexte plutôt que comme une inscription isolée. Le lion, la poutre et les lettres appartiennent à un même ensemble sculpté. La position des animaux aux extrémités de la poutre encadre la lecture de l’étage. Une observation depuis plusieurs angles aide à distinguer le volume des sculptures et leur place dans la façade.
Sur le toit se trouvent un chat et un grand-duc en faïence polychrome, signalés dans l’histoire présentée par la maison. Le grand-duc est un rapace nocturne : il ne faut pas le confondre avec la petite chouette sculptée sur un contrefort de Notre-Dame. Le voisinage rassemble ces motifs animaliers, mais ils appartiennent à des supports et à des bâtiments différents.
Une maison protégée et restaurée
La maison est classée monument historique par arrêté du 9 juillet 1943. La notice identifie l’ensemble sous le nom Maison Millière. Cette date documente la reconnaissance patrimoniale du XXe siècle, et non l’édification de la demeure. La construction de 1483 et le classement de 1943 répondent à deux questions différentes : quand la maison apparaît et quand sa protection est décidée.
Des travaux sont réalisés en 1998. Ce chantier appartient à l’histoire récente du bâtiment. Il rappelle qu’une maison de plus de cinq siècles se conserve par des interventions successives. Ce que l’on voit aujourd’hui associe donc un patrimoine ancien et son entretien. La présence de colombages visibles ne signifie pas que chaque élément est resté inchangé depuis la fin du XVe siècle.
Cyrano de Bergerac et la rue de la Chouette
En 1989, Jean-Paul Rappeneau tourne des scènes de Cyrano de Bergerac devant la maison Millière, avec Gérard Depardieu, Anne Brochet et Vincent Perez. La demeure participe ainsi à un décor de cinéma reconnaissable. Ce repère donne une raison supplémentaire de regarder les volumes de la rue et l’aspect des façades.
Le tournage et la construction appartiennent pourtant à deux époques distinctes. Le bâtiment précède très largement le film et son univers dramatique. Retrouver un décor de Cyrano aide à identifier la rue, mais l’histoire du lieu commence avec Guillaume Millière et Guillemette Durand. La lecture des colombages, de l’écusson et du décor végétal rend cette histoire plus précise qu’une simple référence cinématographique.
Pour prolonger la découverte, comparez les pans de bois avec ceux de la rue Verrerie. L’hôtel de Vogüé voisin permet de changer d’échelle et d’époque ; Notre-Dame montre une architecture religieuse du XIIIe siècle. Depuis la rue, observez les parties visibles et respectez les accès signalés. Ce parcours relie trois formes majeures du centre ancien sans réduire tout le quartier à une même période.
Questions sur maison Millière
Quelle est la particularité d'une maison à colombages ?
Elle possède une ossature de bois que l’on peut lire en façade. À Millière, les croix de Saint-André, les briques vernissées et la poutre d’encorbellement permettent d’observer cette construction de la fin du XVe siècle.
De quand date la maison à colombages Millière ?
La maison Millière est datée de 1483. Guillaume Millière et Guillemette Durand en sont les commanditaires. Son classement au titre des monuments historiques intervient le 9 juillet 1943, près de cinq siècles après sa construction.
Comment visiter Dijon ?
Dans la rue de la Chouette, regardez les colombages et les sculptures de la maison Millière, puis comparez-les avec l’hôtel de Vogüé et Notre-Dame. La rue Verrerie prolonge l’observation des maisons à pans de bois.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
À proximité : trois autres repères
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- Église Notre-Dame de Dijon : 40 m à vol d’oiseau.
- Rue Verrerie et ses maisons à pans de bois : 90 m à vol d’oiseau.
- Église Saint-Michel de Dijon : 310 m à vol d’oiseau.
Sources : Wikipédia ; Notice Mérimée ; Source patrimoniale ; Source patrimoniale. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.