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Monument de la Victoire et du Souvenir de Dijon : lire les sculptures de 1924

Repères vérifiés le 13 octobre 2026.

Le monument de la Victoire et du Souvenir se dresse au rond-point Edmond-Michelet, sur le cours du Parc. Inauguré le 9 novembre 1924, il réunit les œuvres de Jean Dampt, Paul Gasq, Eugène Piron et Henri Bouchard. Le monument et les aménagements du rond-point sont classés depuis le 30 septembre 2020.

monument aux morts de Dijon
monument aux morts de Dijon. Photo : François de Dijon, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Image redimensionnée.
Les repères patrimoniaux
Époque 1er quart 20e siècle
Adresse rond-point Edmond-Michelet
Protection et parties protégées Le monument aux morts et le rond-point au centre duquel il est placé avec ses aménagements, en totalité, sis rond-point Edmond Michelet, tel que délimité sur le plan annexé à l'arrêté (cad. CO 179) : classement par arrêté du 30 septembre 2020
Inauguration 9 novembre 1924
Architecte Auguste Drouot
Sculpteurs Jean Dampt, Henri Bouchard, Paul Gasq et Eugène Piron
Matériaux Non communiqués dans la notice

Un projet municipal au lendemain de la Grande Guerre

Au début des années 1920, la municipalité dirigée par Gaston Gérard décide de construire un monument en mémoire des Dijonnais morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Le lieu retenu se trouve au centre du cours du Parc, sur l’actuel rond-point Edmond-Michelet. Un jet d’eau occupait auparavant cet emplacement. Le choix transforme un point de composition urbaine en un lieu de mémoire collectif.

Quatre artistes bourguignons sont associés au projet : Jean Dampt, Henri Bouchard, Paul Gasq et Eugène Piron. Leur première maquette de 1920 présente un char tiré par deux chevaux, avec une Victoire tenant un soldat mort. Ce projet est écarté. Trois nouvelles propositions suivent en août 1921, puis une synthèse est demandée. L’œuvre finale résulte donc d’un travail commun et de plusieurs arbitrages, plutôt que d’une seule idée exécutée immédiatement.

L’architecte Auguste Drouot dessine les plans. Les quatre sculpteurs réalisent les différents groupes et reliefs. Le monument est inauguré le 9 novembre 1924 par le ministre de la Guerre. La date de 2020, beaucoup plus récente, correspond à son classement patrimonial. Elle reconnaît l’intérêt d’une œuvre de l’entre-deux-guerres et de son dispositif urbain, sans changer sa date de création.

La Victoire de Jean Dampt : le centre de la composition

La figure de la Victoire occupe la face principale. Jean Dampt la représente brandissant une couronne de laurier. C’est une allégorie : un personnage donne une forme humaine à une idée. Le laurier accompagne la célébration de la victoire et permet de reconnaître le thème sans avoir besoin d’un portrait historique. Cette figure constitue le point central autour duquel le reste de l’ensemble s’organise.

Le corps du monument évoque un catafalque, une structure élevée associée au souvenir funéraire. La célébration et le deuil se rencontrent donc dans la même œuvre. Le nom complet, Victoire et Souvenir, aide à lire cette double intention. Regardez d’abord la figure centrale, puis le volume qui la porte : l’une exprime une idée, l’autre donne au lieu une présence monumentale.

Les parties sculptées sont réparties sur plusieurs faces. Une observation uniquement frontale laisse donc une grande partie du récit hors du regard. Depuis les cheminements aménagés, la lecture gagne à suivre la composition autour du noyau central. Il ne s’agit pas de chercher une scène unique, mais d’assembler plusieurs images qui évoquent les départs, les retours, les combats et les conséquences de la guerre.

Le Départ et le Retour : deux moments de la guerre

Sur les côtés se trouvent deux reliefs distincts. Paul Gasq réalise Le Départ ; Eugène Piron signe Le Retour. Leurs titres donnent un ordre narratif facile à suivre. Le départ représente le moment où la guerre arrache les hommes à leur vie ordinaire ; le retour évoque l’après, lorsque ceux qui reviennent retrouvent la société civile. Ces deux épisodes encadrent la figure centrale de la Victoire.

Un relief est une sculpture dont les formes se détachent d’un fond. Il se lit autrement qu’une statue isolée : les personnages et les gestes doivent être regardés dans leur relation avec la surface et avec les figures voisines. Le relief rassemble plusieurs éléments en une image commune. Sur le monument dijonnais, cette technique permet de développer un récit sur les faces du corps architectural.

En passant d’un côté à l’autre, comparez la direction des corps et la manière dont les figures se regroupent. Les titres permettent de replacer les scènes dans leur sujet, mais l’observation des gestes donne leur force aux sculptures. C’est une bonne manière d’aborder le monument : partir des noms des œuvres, puis chercher comment chaque sculpteur fait comprendre son thème dans la pierre.

L’Alsace et la Lorraine au revers

Au dos, Henri Bouchard représente le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France. Un soldat présente deux jeunes filles à une femme qui personnifie la France. Les jeunes filles symbolisent les deux territoires. Le fond de laurier prolonge le vocabulaire de la victoire présent sur la face principale. Cette scène ne montre donc pas une rencontre ordinaire : chaque personnage porte une signification politique et historique.

Le revers change l’échelle du récit. Le Départ et Le Retour évoquent l’expérience des combattants et des familles ; le groupe de l’Alsace et de la Lorraine fait référence à une conséquence territoriale de la guerre. Les deux lectures se complètent. Le monument parle à la fois des Dijonnais disparus et d’un événement national, inscrit dans la mémoire de l’après-1918.

Pour identifier les personnages, retenez la logique de l’allégorie plutôt qu’un nom individuel. La femme représente la France ; les deux jeunes filles représentent l’Alsace et la Lorraine. Ce procédé permet à la sculpture de condenser une histoire complexe en quelques figures. Il explique aussi pourquoi les titres et le contexte de création sont si utiles pour comprendre le monument aujourd’hui.

Les poilus, la croix de guerre et le rond-point

Aux extrémités des murets en arc de cercle, deux statues de soldats réalisées par Henri Bouchard portent les noms La Marne et Verdun. Elles renvoient à deux lieux majeurs de la mémoire combattante. Leur position, éloignée du corps central, étend la composition dans l’espace. Le monument n’est donc pas seulement le bloc sculpté qui attire d’abord le regard : les murets et les figures latérales en font partie.

L’esplanade ronde comporte une croix de guerre au centre. Les allées et les limites basses organisent l’approche. Ce dessin permet de réunir un groupe de sculptures, une aire de rassemblement et un parcours autour de l’œuvre. La disposition circulaire du rond-point et les arcs des murets donnent une unité à des éléments qui pourraient paraître séparés depuis une seule photographie.

Le classement de 2020 protège le monument aux morts et le rond-point avec ses aménagements, en totalité, dans le périmètre de l’arrêté. Cette portée est importante : l’intérêt patrimonial comprend le cadre conçu pour l’œuvre. En regardant le site, cherchez donc les relations entre la statue centrale, les reliefs, les poilus et le sol. Leur organisation forme un ensemble de mémoire que l’on comprend mieux en plusieurs points de vue.

Questions sur monument aux morts de Dijon

Quel est le but d’un monument aux morts ?

Il conserve la mémoire des personnes disparues dans les conflits et donne un lieu public au souvenir collectif. À Dijon, le monument est commandé après la Première Guerre mondiale pour les Dijonnais morts pour la France. Son programme associe le deuil, les expériences du départ et du retour, et la célébration de la victoire.

Comment se structure le monument aux morts ?

Celui de Dijon comprend un corps central avec la Victoire de Jean Dampt, deux reliefs latéraux, un relief au revers, des murets en arc et deux statues de poilus. Une esplanade ronde avec une croix de guerre complète la composition. Le rond-point fait partie de l’ensemble protégé.

Quel message transmet le monument aux morts ?

Le monument dijonnais réunit plusieurs messages : le souvenir des morts, les séparations et les retours, les combats de la Marne et de Verdun, et le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France. Les sculptures emploient des allégories pour rendre ces thèmes lisibles dans l’espace public.

Où se trouve ce lieu à Dijon ?

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Sources : Wikipédia ; Notice Mérimée. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.

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