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Grand Théâtre de Dijon : le portique de 1828 et la salle à l’italienne

Repères vérifiés le 13 octobre 2026.

Le Grand Théâtre occupe la place du Théâtre, dans le centre de Dijon. Inauguré le 4 novembre 1828, il associe un portique de huit colonnes corinthiennes à une salle à l’italienne. Ses façades et ses toitures sont inscrites aux monuments historiques depuis le 29 octobre 1975.

opéra de Dijon
opéra de Dijon. Photo : Christophe.Finot, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.5. Image redimensionnée.
Les repères patrimoniaux
Époque 2e quart 19e siècle
Adresse place du Théâtre
Protection et parties protégées Façades et toitures (cad. BP 26) : inscription par arrêté du 29 octobre 1975
Construction et inauguration Première pierre : 1810 ; inauguration : 4 novembre 1828
Architectes Jacques Cellerier et Simon Vallot
Façade principale Portique de huit colonnes corinthiennes
Matériaux Non communiqués dans la notice

Un chantier commencé sous l’Empire

Avant le Grand Théâtre, Dijon disposait d’une salle de spectacle installée dans un ancien tripot, rue Legouz-Gerland. La disparition de la Sainte-Chapelle en 1802 et le dégagement de son cloître libèrent un terrain pour une construction plus ambitieuse. Le théâtre s’inscrit dans cette transformation d’un secteur central de la ville : un édifice public du XIXe siècle prend place dans un environnement beaucoup plus ancien.

La première pierre est posée le 2 décembre 1810. Le chantier s’interrompt de 1811 à 1822 et ne s’achève qu’en 1828. L’inauguration du 4 novembre 1828 arrive donc près de dix-huit ans après le lancement des travaux. Cette durée explique pourquoi l’édifice relève d’un projet né sous le Premier Empire, tout en entrant en service sous la Restauration. La date d’ouverture ne suffit pas à raconter son origine.

Les architectes associés au bâtiment sont Jacques Cellerier et Simon Vallot. Les notices anciennes emploient des graphies variables pour leurs noms ; la lecture historique retient ces deux concepteurs. Pour reconnaître le théâtre dans la ville, partez de son adresse et de son portique. L’appellation Opéra de Dijon désigne aujourd’hui l’institution qui réunit le Grand Théâtre et l’Auditorium Robert-Poujade : ces deux salles ne sont pas le même bâtiment.

Huit colonnes pour une façade publique

La façade principale est organisée autour de huit colonnes corinthiennes. Leur alignement forme un portique, un espace couvert placé devant le corps du bâtiment. Les chapiteaux corinthiens portent un décor végétal et introduisent un vocabulaire inspiré de l’Antiquité. Regardez les colonnes comme un ensemble de supports, puis suivez la ligne horizontale de l’entablement qu’elles soutiennent. Au-dessus, l’attique prolonge la composition.

Le contraste entre verticales et horizontales donne sa force à la façade. Les colonnes ponctuent l’entrée, tandis que les lignes continues unifient le bâtiment. Cette composition néoclassique annonce un lieu public et monumental. Elle diffère des façades à pans de bois du centre ancien, mais aussi de la dentelle sculptée d’une demeure Renaissance. Ici, l’effet repose d’abord sur l’ordre, le rythme et la répétition.

La parenté avec le Grand Théâtre de Bordeaux et le palais Brongniart de Paris tient notamment à ce principe de colonnade. La comparaison aide à situer Dijon dans une histoire plus large de l’architecture publique. Elle ne signifie pas que les édifices ont un plan identique. Le bâtiment dijonnais est rectangulaire, avec une longueur de 61 mètres et une largeur de 22 mètres, selon sa description historique. Sa façade monumentale n’est qu’une partie d’un ensemble qui doit aussi loger une scène et une salle.

Du vestibule au foyer : un parcours de représentation

Le vestibule forme la transition entre la place et la salle. Deux escaliers latéraux conduisent vers les niveaux supérieurs. Dans cette architecture, la circulation du public fait partie du décor : les entrées, les montées d’escalier et les espaces d’attente préparent l’arrivée dans la salle. Le théâtre n’est pas seulement un volume tourné vers la scène ; il comprend des lieux où les spectateurs se croisent et se montrent.

Les décors de 1828 sont confiés notamment aux frères Moench. Dans le vestibule, les tympans des portes associent végétaux, guirlandes de fruits et armoiries. Le blason de Dijon répond à celui du maire Le Compasseur de Courtivron, en fonction lors de l’inauguration. Ces signes inscrivent l’édifice dans son histoire municipale. Ils rappellent que la décoration d’un bâtiment public peut représenter ceux qui ont porté le projet.

Le foyer conserve une référence au style Charles X, avec un mobilier en frêne ronceux commandé à Werner, tapissier du roi, et une corniche due à François Devosge. Cette pièce prolonge le langage de la Restauration à l’intérieur. Pour une lecture du patrimoine, regardez le lien entre architecture, mobilier et décor : les murs ne racontent pas seuls la fonction du lieu. Les objets et les aménagements participent également à son identité historique.

Une salle à l’italienne et un plafond en trompe-l’œil

La salle à l’italienne se reconnaît à son organisation autour du parterre, des galeries superposées et des loges d’avant-scène. Au Grand Théâtre, la courbe de la salle rapproche visuellement les niveaux de la scène. Cette disposition distribue le public en hauteur, plutôt que de l’installer uniquement dans un grand espace plat. Les loges situées près du cadre de scène constituent des espaces distincts des balcons.

Le décor intérieur est associé à Pierre-Luc-Charles Ciceri, connu pour ses travaux à l’Opéra de Paris. Lors des interventions de 1855 et 1856, Charles-Antoine Cambon réalise le plafond en trompe-l’œil. Une balustrade peinte, des sculptures et un jardin donnent l’illusion d’un espace ouvert au-dessus de la salle. Sphinx et angelots contribuent à ce monde décoratif. Le plafond de l’avant-scène célèbre la danse et la musique dans une composition mythologique.

Le trompe-l’œil modifie la perception d’un plafond fermé sans changer sa structure. C’est un point utile à regarder dans un théâtre : le décor agrandit l’espace en imagination. Il met aussi en scène la vocation du bâtiment. La salle contient donc deux spectacles permanents, celui de l’architecture qui organise les regards et celui des peintures qui prolongent visuellement ses limites.

Les transformations d’un théâtre toujours utilisé

Le Grand Théâtre reçoit l’éclairage au gaz en 1839, puis des réaménagements en 1855 et en 1887. Une rénovation importante est menée en 1969 et 1970. La capacité historique de mille spectateurs est alors réduite pour améliorer le confort visuel. Une nouvelle restauration intérieure intervient en 2005. Ces transformations rappellent qu’un théâtre vivant doit adapter ses équipements et ses espaces à des usages successifs.

Les lustres et appliques de verre ajoutent un autre repère dans cette histoire décorative. Leur présence ne transforme pas toute la salle en construction du XXe siècle, pas plus que la peinture de Cambon ne date l’ensemble du bâtiment de 1855. Chaque intervention concerne une couche particulière. La protection de 1975 porte précisément sur les façades et les toitures ; cette date est distincte de l’inauguration de 1828.

Sur la place, regardez d’abord le portique de face, puis déplacez-vous pour voir l’épaisseur des colonnes et la longueur du corps latéral. Cette seconde perspective montre ce que la façade masque : un bâtiment profond, conçu pour les nécessités du spectacle. Le voisinage de Saint-Michel permet ensuite de comparer deux architectures monumentales d’époques et de fonctions différentes. Le théâtre donne ainsi un jalon du XIXe siècle dans une promenade consacrée au bâti dijonnais.

Questions sur opéra de Dijon

Qu’est-ce qu’un théâtre à l’italienne ?

C’est une salle organisée autour d’un parterre et de niveaux de galeries ou de loges tournés vers la scène. Le Grand Théâtre de Dijon possède cette disposition, avec une salle semi-circulaire et trois niveaux de galeries. Elle fait de l’espace du public une partie visible de l’architecture.

Où se trouve la corbeille dans un théâtre ?

La corbeille désigne habituellement le premier balcon au-dessus du parterre. Le Grand Théâtre dispose de galeries superposées : le terme aide à comprendre cette organisation verticale. La description architecturale distingue aussi les loges d’avant-scène, placées sur les côtés du cadre de scène.

Qu’est-ce que les coulisses au théâtre ?

Les coulisses sont les espaces de travail situés hors de la vue du public, autour de la scène. Elles expliquent pourquoi un théâtre occupe un bâtiment plus profond que sa façade ne le laisse deviner. Au Grand Théâtre, le portique appartient à l’accueil du public, tandis que le corps de l’édifice abrite les fonctions du spectacle.

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Sources : Wikipédia ; Notice Mérimée. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.

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