Place de la Libération à Dijon : place Royale de Mansart et transformations historiques
Repères vérifiés le 13 octobre 2026.
La place de la Libération forme un hémicycle devant le palais des ducs et des États de Bourgogne. Aménagée par Jules Hardouin-Mansart entre 1686 et 1689, elle est conçue comme une place Royale autour d’une statue équestre de Louis XIV. Son nom actuel date de septembre 1944 ; son sol de pierre de Comblanchien et ses trois fontaines appartiennent au réaménagement de 2005-2006.

| Construction de la place Royale | 1686-1689 |
|---|---|
| Concepteur | Jules Hardouin-Mansart |
| Forme | Hémicycle ouvert devant le palais des ducs et des États de Bourgogne |
| Statue de Louis XIV | Étienne Le Hongre ; inaugurée le 15 avril 1725, détruite le 15 août 1792 |
| Nom actuel | Place de la Libération depuis septembre 1944 |
| Réaménagement | 2005-2006, architecte Jean-Michel Wilmotte |
| Matériaux et aménagement | Sol en pierre de Comblanchien ; trois fontaines |
| Adresse | Place de la Libération, Dijon |
| Protection | Protections propres aux bâtiments et parties du palais ; aucun classement collectif attribué à toute la place |
| Architecte | Jules Hardouin-Mansart (architecte), Jean-Michel Wilmotte (architecte) |
Un hémicycle pensé pour le palais et le roi
La forme de la place se comprend en regardant ensemble les façades courbes et le palais. L’hémicycle organise un espace ouvert devant l’édifice. Il ne s’agit pas d’une place née uniquement de l’élargissement d’un carrefour : sa composition est pensée pour mettre en scène une statue équestre et un ensemble monumental.
Jules Hardouin-Mansart aménage la place Royale entre 1686 et 1689. Le projet remplace une petite place Saint-Christophe et des bâtiments dépendant du palais des ducs. La nouvelle composition change donc l’échelle du lieu. Elle inscrit devant le palais un espace de représentation lié au pouvoir royal.
Pour lire cette architecture, placez-vous d’abord face au palais, puis retournez-vous vers l’hémicycle. Le premier regard montre l’édifice qui ferme un côté de la place ; le second révèle la courbe des façades. Cette comparaison donne une lecture plus complète qu’une photographie du seul palais. Les deux ensembles participent à la composition.
La statue de Louis XIV et son long voyage
La place est conçue pour recevoir une statue équestre de Louis XIV. Commandée en 1686 au sculpteur Étienne Le Hongre, elle est achevée peu avant sa mort en 1690. Le projet architectural et la sculpture avancent ainsi dans la même période, mais l’installation de la statue à Dijon intervient beaucoup plus tard.
Le transport commence en 1692. Le poids de la sculpture et l’état des routes compliquent son acheminement, qui s’interrompt à Auxerre pendant vingt-sept ans. Elle parvient finalement à Dijon en septembre 1720. Ce décalage est un épisode majeur de l’histoire de la place : l’espace monumental est aménagé avant de recevoir l’objet pour lequel il a été pensé.
La statue est inaugurée le 15 avril 1725. Le décor de son socle n’est achevé qu’en 1742. Ces dates correspondent à des étapes distinctes : arrivée, inauguration et finition. La statue est détruite le 15 août 1792, pendant la Révolution. L’espace central actuel garde donc une relation historique avec un monument disparu, plutôt qu’avec une sculpture encore visible.
Des noms qui suivent les changements de régime
La place Royale devient place d’Armes à la Révolution. En 1804, sous l’Empire, elle prend le nom de place Impériale. La Restauration rétablit le nom de place Royale en 1814. En 1831, sous la monarchie de Juillet, elle retrouve l’appellation place d’Armes. Ces changements illustrent la place des espaces publics dans la représentation du pouvoir.
Les noms ne correspondent pas à autant de reconstructions intégrales. Une même composition urbaine peut traverser plusieurs régimes et recevoir plusieurs appellations. Pour comprendre l’histoire, distinguez donc le dessin de 1686-1689, l’installation de la statue et les changements de nom. Chacun décrit une transformation différente.
Le 8 juin 1858, l’Exposition universelle de Dijon est inaugurée sur cette place. L’événement montre un autre usage de l’espace : l’accueil d’une manifestation publique, au-delà de sa fonction royale initiale. Le site demeure un lieu où la ville se représente et rassemble ses habitants.
Le nom de la Libération et les événements de 1944
En 1941, la municipalité donne à la place le nom du maréchal Pétain. Elle devient place de la Libération en septembre 1944, en référence à la libération de Dijon. Le nom actuel appartient donc à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, tandis que la forme de la place remonte au XVIIe siècle.
Le général de Gaulle y prononce un discours le 23 octobre 1944. Ce repère relie l’espace monumental aux événements politiques de la Libération. La place n’est pas seulement un héritage du règne de Louis XIV : elle accueille aussi des moments majeurs de l’histoire contemporaine de la ville.
Au numéro 4 habitait le chanoine Kir. Le 26 janvier 1944, il y est victime d’une tentative d’assassinat et survit à ses blessures. Ce fait appartient à l’histoire du bâtiment et de son occupant. Les adresses autour de l’hémicycle permettent ainsi de passer de la grande composition urbaine à des épisodes liés à des personnes identifiées.
Pierre de Comblanchien et trois fontaines
La place devenue piétonne est transformée par Jean-Michel Wilmotte en 2005-2006. Le sol est recouvert de pierre de Comblanchien et trois fontaines sont installées. Ces éléments appartiennent au réaménagement contemporain. Ils ne doivent pas être présentés comme des vestiges de la place Royale du XVIIe siècle.
Regardez le sol en relation avec les façades. Un grand espace dégagé met davantage en évidence la composition de l’hémicycle et la vue vers le palais. La promenade permet de changer de point de vue, d’approcher les façades et de retrouver l’axe central. L’intérêt patrimonial se lit donc aussi dans la manière de parcourir la place.
Les trois fontaines constituent un autre repère visuel de l’aménagement actuel. Leur présence n’efface pas l’histoire de la statue disparue. Les deux moments se superposent : le projet royal explique la forme générale, tandis que l’intervention du début du XXIe siècle explique le revêtement et les équipements que l’on observe aujourd’hui.
Ce que l’on peut lire depuis l’espace public
Commencez par la forme de la place, puis la continuité des façades et le rapport au palais. Le passage d’une vue large à un détail permet de comprendre l’architecture sans isoler un bâtiment du dispositif d’ensemble. Revenez ensuite vers le centre pour saisir la largeur de l’ouverture face au palais.
La place et le palais sont deux sujets liés, mais distincts. La place raconte une composition urbaine, une statue disparue et des changements de nom ; le palais réunit des bâtiments de plusieurs périodes et des fonctions institutionnelles. Pour l’histoire du palais lui-même, poursuivez avec le guide qui lui est consacré. La tour Philippe le Bon apporte aussi un autre angle sur cet ensemble.
La rue des Forges et le secteur de Notre-Dame prolongent la découverte vers les hôtels particuliers et les maisons anciennes. Le Parlement de Dijon, autre bâtiment institutionnel, permet de comparer un palais de justice avec le palais ducal. Ces rapprochements donnent à la promenade un fil historique, de l’espace royal aux lieux de pouvoir et d’habitat du centre ancien.
Questions sur place de la Libération
Que visiter à Dijon en une journée ?
La place de la Libération est un point de départ pour lire le palais et la composition de l’hémicycle. La rue des Forges et Notre-Dame complètent ce parcours par les hôtels particuliers et les façades du centre ancien.
Quel autre nom donnait-on à la place Royale ?
La place Royale prend le nom de place d’Armes à la Révolution, puis de place Impériale en 1804. Elle redevient place Royale en 1814, retrouve le nom de place d’Armes en 1831 et devient place de la Libération en septembre 1944.
Comment visiter Dijon ?
Sur la place de la Libération, comparez la vue vers le palais et celle vers l’hémicycle. Repérez ensuite le sol de Comblanchien et les trois fontaines du réaménagement de 2005-2006, avant de rejoindre la rue des Forges.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
À proximité : trois autres repères
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- Église Notre-Dame de Dijon : 140 m à vol d’oiseau.
- Rue Verrerie et ses maisons à pans de bois : 230 m à vol d’oiseau.
- Église Saint-Michel de Dijon : 290 m à vol d’oiseau.
Sources : Wikipédia ; Wikidata ; Wikipédia. Notices Mérimée : Licence Ouverte 2.0 ; textes Wikipédia : CC BY-SA 4.0. Consultation le 13 octobre 2026. Méthode de l’inventaire.