Porte Guillaume à Dijon : histoire et sculptures de l’arc de la place Darcy
Repères vérifiés le 12 octobre 2026.
La porte Guillaume marque l’entrée de la rue de la Liberté depuis la place Darcy. L’arc actuel, construit entre 1786 et 1788, remplace une porte médiévale et conserve quatre bas-reliefs de Claude-François Attiret. Classé monument historique le 27 juillet 1938, il raconte aussi les changements de régime à travers ses noms successifs.

| Époque | Quatrième quart du XVIIIe siècle |
|---|---|
| Construction de l’arc actuel | 1786-1788 |
| Protection | Porte Guillaume classée le 27 juillet 1938 |
| Architecte et maître d’œuvre | MARET Jean Philibert, architecte ; CARISTIE Jacques, maître de l’œuvre (notice POP) |
| Sculpture | Quatre bas-reliefs de Claude-François Attiret |
| Matériaux | non communiqué |
| Adresse | Place Darcy, Dijon |
Une ancienne entrée de ville devenue monument
Le meilleur point de départ est la place Darcy, face à l’arc. Regardez la grande ouverture centrale, puis les deux côtés qui l’encadrent. Cette composition appartient à la fin du XVIIIe siècle. Elle donne une entrée monumentale à la ville, mais le choix de cet emplacement répond à une histoire plus ancienne : une porte ouvrait déjà ici le mur d’enceinte du XIIe siècle.
La porte médiévale commandait un passage dans les remparts. L’arc que l’on voit aujourd’hui reprend ce rôle de seuil avec un langage architectural différent. Le monument était encore relié aux remparts par des murs. Une grille pouvait fermer son ouverture ; les traces de ses scellements restent signalées dans la description de l’édifice. Sa silhouette actuelle, isolée sur un espace dégagé, ne suffit donc pas à raconter son fonctionnement initial.
Pour lire cette évolution sur place, observez d’abord l’arc seul, puis son rapport à la rue de la Liberté. Du côté de la place, l’ouverture encadre le départ de la rue. Depuis la rue, elle ramène le regard vers Darcy. Le monument se comprend dans les deux sens : c’est un objet sculpté et un repère qui organise le passage entre deux espaces urbains.
De la porte Condé à la porte Guillaume
La construction menée de 1786 à 1788 rend hommage au prince de Condé, gouverneur de Bourgogne. Le monument porte d’abord son nom : porte Condé. Le décor d’origine participe à cet hommage. Il rassemble des figures allégoriques, des références à la Bourgogne et à Dijon, ainsi que des évocations des actions militaires du prince. Le programme sculpté et le nom du monument racontent donc la même commande.
La Révolution modifie cette lecture politique. En 1791, le nom d’arc de la Liberté remplace celui de porte Condé. Au XIXe siècle, le monument devient porte Guillaume, en référence à Guillaume de Volpiano, abbé de Saint-Bénigne. Ce Guillaume n’est ni l’architecte de l’arc ni le personnage auquel le premier décor rendait hommage. Le nom actuel renvoie à l’histoire religieuse de Dijon, alors que l’édifice visible reste celui de la fin du XVIIIe siècle.
Ces appellations successives sont un bon fil pour comprendre le lieu. Elles n’indiquent pas trois constructions différentes. Elles montrent comment un même monument peut recevoir plusieurs significations au fil des régimes. La pierre conserve la composition initiale, tandis que les noms et certains emblèmes changent. C’est ce décalage entre l’objet bâti et son histoire politique qui fait l’intérêt de la porte.
Les formes à repérer sur l’arc
L’ouverture centrale est une arcade cintrée : son sommet dessine un arrondi. Les parties verticales qui la portent, appelées piédroits, sont décorées de bossages. Ces reliefs donnent une présence marquée aux blocs de la façade. Observez la différence entre cette base aux lignes fortes et la zone supérieure, où le décor sculpté attire davantage l’attention.
Au-dessus des piédroits court un entablement de style dorique. On y distingue des triglyphes, motifs composés de lignes verticales, et des métopes, les espaces qui les séparent. Ces termes décrivent des éléments précis du décor classique. Il n’est pas nécessaire de les retenir pour apprécier le monument : cherchez simplement le rythme qui se répète horizontalement au-dessus de l’ouverture.
La symétrie donne à l’arc sa lisibilité. La grande ouverture occupe le centre, les supports se répondent et les reliefs répartissent les figures sur chaque face. Pour une observation attentive, prenez du recul avant de regarder les détails. Une vue rapprochée montre les personnages ; une vue d’ensemble permet de comprendre comment ils s’inscrivent dans la façade.
Quatre bas-reliefs, deux faces à regarder
Claude-François Attiret réalise les quatre bas-reliefs du monument. Du côté de la place Darcy, le relief de droite représente un génie présentant à la Bourgogne les armes du prince de Condé. Celui de gauche montre un génie avec un document devant Minerve, déesse de la sagesse. La façade associe ainsi le territoire bourguignon et une figure issue de la mythologie antique.
Passez ensuite du côté de la rue de la Liberté. À droite, la muse de l’Histoire écrit les faits militaires du prince. À gauche, une figure de la Ville de Dijon montre les armes du prince de Condé, qui ont été bûchées pendant la Révolution. Le bûchage désigne ici leur effacement par intervention sur le relief. Cette transformation appartient à l’histoire du monument autant que les sculptures restées en place.
La distinction entre les deux faces évite de chercher tous les sujets au même endroit. Elle montre aussi que l’arc ne possède pas une simple façade principale et un revers sans décor. Les deux côtés développent le programme d’hommage. En regardant les personnages, cherchez leurs gestes et les objets qu’ils présentent : ce sont eux qui permettent de reconnaître les scènes.
Des décors disparus et une protection patrimoniale
En septembre 1814, lors de la Première Restauration, Dijon reçoit le comte d’Artois, frère de Louis XVIII. La porte, alors de nouveau appelée Condé, reçoit un groupe en plâtre conçu par Jacques Caumont. Il figure un génie ailé tenant un lys, debout sur un char tiré par des chevaux. Ce décor reste plusieurs années avant de se dégrader sous les intempéries. Il ne faut donc pas le rechercher sur l’arc actuel.
Du côté de la rue de la Liberté, deux tableaux de marbre portaient initialement des inscriptions. Ils ont disparu. Une plaque consacrée à Thomas Jefferson et à l’amitié franco-américaine a été posée en 2009 à l’emplacement du tableau de droite. Elle constitue un ajout récent, distinct du programme du XVIIIe siècle. Sur une même face se rencontrent ainsi le décor initial, des pertes et une nouvelle commémoration.
Le classement du 27 juillet 1938 concerne la porte Guillaume. Il ne date pas la construction et ne s’étend pas, par ce seul arrêté, à toute la place Darcy. Pour poursuivre la lecture du quartier, rapprochez l’arc de l’histoire de cette place : le réservoir de Darcy, puis les immeubles du XIXe siècle, expliquent l’espace qui l’entoure aujourd’hui. Vers le centre ancien, la rue de la Liberté permet de continuer jusqu’au secteur du palais des ducs.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
Questions sur Porte Guillaume
C’est quoi un arc de triomphe ?
C’est un monument organisé autour d’un passage en forme d’arc et destiné à célébrer un personnage ou un événement. À Dijon, la porte Guillaume reprend cette forme pour honorer le prince de Condé, gouverneur de Bourgogne, tout en remplaçant une ancienne entrée de l’enceinte.
Quelle est la fonction de l’Arc de Triomphe ?
La porte Guillaume avait à la fois une fonction de passage et une fonction d’hommage. Elle restait reliée aux remparts et son ouverture pouvait être fermée par une grille. Ses quatre bas-reliefs célébraient le prince de Condé et associaient cet hommage à Dijon et à la Bourgogne.
Comment visiter Dijon ?
Pour commencer par le patrimoine bâti, observez les deux faces de la porte Guillaume depuis Darcy et la rue de la Liberté. Comparez ensuite l’arc du XVIIIe siècle aux façades du XIXe siècle de la place, puis poursuivez dans le centre ancien vers Notre-Dame et le palais des ducs.
Poursuivre la découverte
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Sources : Mérimée ; Wikipédia, Porte Guillaume (Dijon) ; Wikipédia, Place Darcy, consultées le 12 octobre 2026. Textes de référence Wikipédia sous CC BY-SA 4.0 ; notices Mérimée sous Licence Ouverte 2.0. Méthode de l’inventaire.
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