Place Darcy à Dijon : de la porte de ville au quartier du XIXe siècle
Repères vérifiés le 12 octobre 2026.
La place Darcy réunit plusieurs étapes de l’histoire de Dijon : la porte Guillaume du XVIIIe siècle, le grand chantier d’eau potable d’Henry Darcy et les façades de la fin du XIXe siècle. Elle porte le nom de l’ingénieur depuis 1858. Le jardin voisin conserve le souvenir du réservoir, sous un aménagement dessiné par Félix Vionnois en 1880.

| Époque de la place actuelle | XIXe siècle, transformations aux XXe et XXIe siècles |
|---|---|
| Nom de place Darcy | Depuis 1858 |
| Réservoir | Projet d’Henry Darcy conçu en 1838 |
| Jardin | Aménagé en 1880 par Félix Vionnois |
| Protection de l’ensemble voisin | Réservoir, jardin, clôtures et fontaine de la Jeunesse inscrits le 2 mars 2015 ; protection distincte de la place |
| Architecte de la place entière | non communiqué |
| Matériaux | Façades des immeubles de la fin du XIXe siècle en pierre de taille ; toitures en ardoise |
| Adresse | non communiqué |
Un seuil entre la ville ancienne et ses extensions
Pour comprendre la place Darcy, commencez par la porte Guillaume. L’arc ouvre sur la rue de la Liberté, qui conduit jusqu’à la place de la Libération. Autour de lui, les façades et les espaces dégagés racontent une autre époque. La place est une composition du XIXe siècle, installée à l’entrée du centre ancien. Le contraste entre ces deux ensembles aide à lire les transformations du quartier.
Au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, les remparts passaient au bord de cet espace. La porte était encadrée de deux tours, précédée d’un pont-levis et d’un ouvrage avancé. Les routes de Paris, de Chalon-sur-Saône et de Langres arrivaient près de ce passage. À l’extérieur s’étendait une plateforme encore peu bâtie. L’actuelle place reprend donc un lieu de contact entre Dijon et les chemins qui y menaient.
La porte monumentale édifiée de 1786 à 1788 marque une première transformation. Elle remplace l’entrée médiévale par un arc célébrant le prince de Condé, gouverneur de Bourgogne. La place que l’on voit autour de cet arc ne s’est pas formée d’un seul coup. Les travaux d’eau potable, la création du jardin et le renouvellement des immeubles ont ensuite donné au secteur sa physionomie.
Pourquoi la place porte le nom d’Henry Darcy
Henry Darcy, né en 1803 et mort en 1858, est un ingénieur hydraulicien dijonnais. Son nom reste lié à l’arrivée de l’eau courante dans la ville. En 1838, il conçoit le réservoir de la porte Guillaume. L’eau vient de la source du Rosoir, dans la haute vallée du Suzon, par un aqueduc souterrain long de douze kilomètres. Le réservoir constitue une pièce du réseau d’alimentation, à l’emplacement du jardin actuel.
Ce chantier explique un ancien nom du lieu. En 1850, l’esplanade située entre la porte et le réservoir devient place du Château d’eau. L’appellation décrit directement sa fonction dans le paysage urbain. En 1858, à la mort de l’ingénieur, elle prend le nom de place Darcy. Ces deux noms relient le même espace à une réalisation technique, puis à celui qui l’a conçue.
Le monument élevé au-dessus du réservoir en 1841 est dû à l’architecte Émile Sagot. Il abrite le buste de Darcy et rappelle les personnes qui ont contribué à l’entreprise. Cette présence donne un visage au chantier hydraulique. En regardant le monument et les terrasses, gardez en tête cette succession : le dispositif d’eau potable précède l’aménagement du jardin. Le décor visible s’est installé sur une infrastructure plus ancienne.
Le jardin comme architecture au-dessus du réservoir
Félix Vionnois aménage le jardin Darcy en 1880. Le réservoir n’est donc pas construit pour accompagner un jardin déjà existant. C’est le jardin qui prend place au-dessus et autour de lui. Cette relation entre ouvrage souterrain et composition visible distingue le lieu d’une simple parcelle plantée. Elle explique pourquoi l’histoire de l’eau est indispensable à la lecture du quartier.
Les terrasses, les balustrades et les bassins appartiennent au vocabulaire architectural du jardin. Regardez l’étagement des niveaux et la manière dont les escaliers relient les espaces. Les balustrades dessinent des lignes de bord ; les bassins rythment la composition. Pour apprécier ce patrimoine, l’observation du bâti compte autant que celle des plantations. Le jardin participe à la mise en scène du réservoir et du monument de Darcy.
À l’entrée, l’ours blanc est une œuvre d’Henry Martinet datant de 1937. Il rend hommage à François Pompon, sculpteur bourguignon mort en 1933, en reproduisant son œuvre la plus célèbre. L’ours de Dijon possède donc sa propre date et son propre auteur. Il faut le distinguer de l’œuvre de Pompon conservée au musée d’Orsay. Cette distinction permet de replacer la sculpture dans l’histoire des hommages rendus au sculpteur.
Les façades de la fin du XIXe siècle
Dans les années 1880 et 1890, des immeubles de type haussmannien remplacent les petites constructions qui bordaient la place. Leurs façades en pierre de taille et leurs toitures d’ardoise donnent une cohérence à l’espace. Depuis la porte Guillaume, regardez l’alignement des façades, la succession des ouvertures et les lignes de toiture. Ces éléments composent une autre échelle urbaine que celle des rues étroites du centre ancien.
L’hôtel de la Cloche est élevé de 1881 à 1884. Sa date le rattache à cette phase de renouvellement. Il s’observe ici comme un édifice de la place, au même titre que les autres façades qui l’encadrent. Le cinéma Darcy Palace, ouvert en 1914, compte parmi les derniers bâtiments de cette transformation. La lecture du lieu mène ainsi de l’arc du XVIIIe siècle aux constructions de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
La place accueille aussi des décors qui ont changé d’emplacement ou disparu. Une fontaine à vasques en fonte, installée en 1850, est revendue en 1878 à Châtillon-sur-Seine, où elle rejoint la place Marmont. Une statue en bronze de François Rude, dressée en 1886, est envoyée à la fonte en 1942 pendant l’Occupation. Ces deux histoires rappellent que l’aspect actuel de la place ne rassemble pas tous ses monuments successifs.
Une place transformée par les déplacements
Avant la Première Guerre mondiale, Darcy est déjà un lieu important des transports dijonnais. Des tramways électriques et des tramways à vapeur interurbains y passent. Les voies de déplacement appartiennent donc à son histoire, au même titre que les façades. Le rôle de carrefour prolonge celui des anciennes routes qui convergeaient près de la porte de ville.
Au début des années 1990, la construction d’un parking souterrain modifie la partie centrale ; il ouvre en 1992. Au début des années 2010, les stations du nouveau tramway et la piétonisation du secteur proche de la porte Guillaume transforment à nouveau la place. Il reste possible de lire les grandes étapes sans chercher à retrouver un état unique : entrée fortifiée, esplanade du château d’eau, quartier monumental et espace de déplacement.
Ce que protège l’arrêté de 2015
L’inscription du 2 mars 2015 porte sur le réservoir Darcy, le jardin en totalité, ses clôtures et la fontaine de la Jeunesse. Cette dernière est une œuvre de Max Blondat. La notice de protection délimite ainsi un ensemble précis. Elle n’attribue pas une protection commune à tous les immeubles de la place. La porte Guillaume relève, pour sa part, d’un classement daté du 27 juillet 1938.
Pour poursuivre la promenade patrimoniale, comparez la composition de Darcy aux façades de la rue de la Liberté et aux rues plus anciennes proches de Notre-Dame. La rue Verrerie offre un autre regard sur l’habitat dijonnais, avec ses maisons à pans de bois. Ces lieux permettent de suivre plusieurs formes de la ville, depuis les maisons de la fin du Moyen Âge jusqu’aux grands alignements du XIXe siècle.
Où se trouve ce lieu à Dijon ?
Questions sur Place Darcy
Qui est Pompon ?
François Pompon est un sculpteur bourguignon, né en 1855 et mort en 1933. Son Ours blanc est son œuvre la plus célèbre. À l’entrée du jardin Darcy, Henry Martinet lui rend hommage en 1937 avec une reproduction de cette sculpture.
Où se trouve l’Ours Pompon ?
À Dijon, l’ours blanc se trouve à l’entrée du jardin Darcy, près de la place Darcy. Cette sculpture est la reproduction réalisée par Henry Martinet en 1937 en hommage à François Pompon. Elle accompagne l’ensemble patrimonial du jardin et du réservoir.
Où est l’original de l’Ours Pompon ?
L’œuvre de François Pompon reproduite à Dijon est conservée au musée d’Orsay. La notice patrimoniale du jardin précise que cet Ours blanc avait été présenté au Salon d’Automne de 1922. L’exemplaire de Darcy date de 1937 et est dû à Henry Martinet.
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Sources : Wikipédia, Place Darcy ; Wikipédia, Jardin Darcy ; Mérimée ; Mérimée ; Wikidata, consultées le 12 octobre 2026. Textes de référence Wikipédia sous CC BY-SA 4.0 ; notices Mérimée sous Licence Ouverte 2.0. Méthode de l’inventaire.
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